GOLDEN SPIKE

Golden spike - Enregistrement très haute résolution et multi-traceurs de l'Anthropocène

Date de début : 01/01/2017

Date de fin : 31/12/2018

№ de contrat

Durée du projet

24 mois

Financement

CNRS INSU-EC2CO-BIOHEFECT

Montant

32 k€

Coordinatrice ISTO : Jérémy Jacob

Partenaires : ICOA, Aggl'O, CBM, CHRO

Résumé

Des activités humaines variées, des plus ancestrales (culture), aux plus récentes (industries, services à la personne, transports…), se traduisent par l’émission dans l’environnement de traceurs plus ou moins spécifiques. Comprendre comment ces traceurs sont dispersés dans les milieux naturels nécessite de s’intéresser à un phénomène ubiquiste : le « transfert sédimentaire », plus communément connu sous le terme d’érosion. Dans le cadre du projet MOSAIC (Quantification et MOdéliSation des flux sédimentAIres aCtuels et passés à l’échelle de petits bassins versants), nous souhaitons développer une démarche intégrative en étudiant un bassin versant situé dans l’agglomération d’Orléans, caractérisé par un gradient d’anthropisation unique, afin de reconstituer les modalités du transport sédimentaire (variabilités spatio-temporelles des flux) tout en discriminant les traceurs spécifiques des activités humaines en présence (hôpital, routes, industries, cultures…).

Si des débats nourris, car par nature largement interdisciplinaires, ont longtemps alimenté la question de l’existence et de la date de début de l’Anthropocène, les conclusions rendues par le groupe de travail sur l’Anthropocène, missionné par la Commission Internationale de Stratigraphie, fin août 2016 lors du Congrès International de Géologie, semblent sans équivoque. Ce groupe de travail valide l’Anthropocène comme nouvelle époque géologique, et considère qu’il débute en 1950. Ces conclusions restent toutefois suspendues à la définition d’un "Clou d’Or" (Golden Spike en anglais) qui constituerait le premier jalon de l’Anthropocène. A l’instar des Clous d’Or établis pour les autres périodes géologiques, celui de l’Anthropocène doit être enregistré dans les archives géologiques par un niveau repère à la signature géochimique univoque, et valable à l’échelle du globe.

Le projet Golden Spike vise à apporter une contribution significative à cette question en produisant un référentiel haute-résolution et multi-traceurs de l’Anthropocène. Le parti-pris du projet est de rechercher cet enregistrement en contexte fortement anthropisé (milieu urbain) afin de disposer d’un maximum de traceurs d’origine anthropique, dans une archive sédimentaire dilatée (15 m pour 70 ans) que nous avons identifiée dans un bassin de décantation du réseau d’assainissement d’Orléans.

Dans un premier temps nous réaliserons un carottage long de la pile sédimentaire que nous daterons par radioéléments et 14C postbomb et décrirons selon les méthodes de sédimentologie et de stratigraphie classiques. Nous réaliserons ensuite des analyses géochimiques (polluants émergents, plastiques, métaux, platinoïdes, biomarqueurs moléculaires, phases minérales…) afin d’obtenir l’évolution temporelle (apparition, disparition, variations quantitatives) de ces traceurs anthropiques. Ces variations seront confrontées aux données textuelles/historiques de manière à valider l’archive et à vérifier l’archivabilité des traceurs dans les sédiments. Nous réaliserons en parallèle un monitoring des flux en amont du bassin et des carottages saisonniers afin de mieux comprendre la construction de cette archive singulière, d’affiner l’interprétation des signaux, et de raccorder les temporalités de l’observation (journalier, hebdomadaire, mensuel, saisonnier) avec celles de la rétro-observation (saisonnier, annuel, pluriannuel).

Au total, cet enregistrement de référence pourrait être l’un des candidats au stratotype définissant le début de l’Anthropocène.


Personnels impliqués :

Jacob Jérémy, Anaëlle Simonneau, Christian DiGiovanni , Mikaël Motelika, Fabrice Muller, Claude Le Milbeau, Rachel Boscardin (ISTO), Emilie Destandau, Laetitia Fougère (ICOA), Cédric Morio (Aggl’O - Direction du cycle de l’eau et des réseaux d’énergie), Chloé Robin, Lucile Mollet, Fabienne Brulé (CBM), Thierry Prazuc, Laurent Hocqueloux (CHRO).